30 Ağustos 2010 Pazartesi
Si l’avocat ne peut plus être le porte-parole de la vérité, il n’est plus qu’une marionnette.
Paris, le 29. 8. 2010
A MONSIEUR DEUDON
Cher Monsieur,
Il y a quatre jours, nous apprenons que l’avocat Abbas Djamali, membre de l’association des avocats d’Azerbaïdjan du Sud à Ardebil, premier secrétaire de la Commission des Droits de l’Homme et avocat des prisonniers d’Azerbaïdjan du Sud, a été arrêté il y a dix jours, mais nous ignorons aujourd’hui le motif de cette arrestation, et ni sa famille ni ses amis ne savent dans quel lieu il a été incarcéré.
Cela nous amène logiquement à nous poser la question : qu’est-ce qu’un avocat?
Dans tous les pays du monde qui ne sont pas des dictatures, un avocat est tenu à un seul secret: le secret professionnel qu’il doit à son client. Il ne doit révéler uniquement que ce que son client l’autorise à dire.
Mais en dehors de cette obligation de réserve (vis à vis du client), la parole de l’avocat est totalement libre.
Déjà, dans l’Antiquité romaine, l’illustre Cicéron avait connu des tracasseries de la part du Sénat romain parce qu’il disait haut et fort la vérité. Déjà, à cette époque, il existait des gouvernements que la vérité dérangeait et qui tentaient de mettre un frein aux droits de la Défense, pourtant déjà reconnus formellement par toutes les Constitutions, les institutions du monde antique gréco-romain.
Et voilà qu’on arrête aujourd’hui en Iran un avocat connu, aux nombreuses responsabilités nationales et internationales.
Or le premier devoir de l’avocat est et reste la défense de l’accusé et le respect de la vérité.
Un pouvoir qui arrête un avocat est un pouvoir qui a quelque chose de grave à cacher. C’est un pouvoir qui craint la vérité.
Abbas Djamali a certainement été arrêté et mis au secret parce que ce qu’il risquait de dire était dangereux pour le pouvoir.
Il y a là une mise en cause d’un droit fondamental : le respect des droits de l’accusé, intimement lié à la liberté de parole de l’avocat.
Si l’avocat ne peut plus être le porte-parole de la vérité, il n’est plus qu’une marionnette.
L’avocat de la malheureuse Sakine Muhammadi, qui risque la lapidation, -tragédie qui est aujourd’hui connue du monde entier- châtiment barbare et préhistorique, a dû fuir l’Iran et se réfugier en Europe. Pourquoi? Pour avoir osé faire remarquer que sa cliente avait été interrogée dans une langue qu’elle ne pratiquait pas? Pour avoir plaidé l’iniquité d’une peine atroce qui ramène le pays qui la pratique des milliers d’années en arrière?
Les avocats iraniens se trouvent dans une situation effrayante. Ils ne peuvent plus clamer la vérité, ils ne peuvent plus invoquer le progrès de l’humanité, les Droits de l’Homme (même si cet homme est une femme).
Qu’est-ce que la mission de l’avocat est devenue en Iran?
Jeanne Gamenet
L’AZERBAÏDJAN DU SUD: PAYS DES PRISONNIERS POLITIQUES
Paris le 9 Aoȗt 2010
L’AZERBAÏDJAN DU SUD: PAYS DES PRISONNIERS POLITIQUES
Si je ne brȗle pas,
Si tu ne brȗles pas,
Si nous ne brȗlons pas,
Comment les ténèbres
Mèneront-elles à la clarté...
Nâzim Hikmet
Lorsqu’on parle de l’Azerbaïdjan, on parle d’un pays coupé en deux depuis le 1828. Une partie, l’Azerbaïdjan du Nord, qui compte un peu plus de 8 millions d’habitants, est une république devenue indépendante en 1991, après la chute de l’URSS, et a pour capitale Bakou.
L’autre, l’Azerbaïdjan du Sud, qui compte plus de 30 millions d’habitants, a été incorporée à l’Iran. On l’appelle officiellement « Azerbaïdjan iranien »; sa capitale est Tabriz.
Depuis l’arrivée au pouvoir des Perses en Iran, -favorisée par les Anglais-, avec Reza Shah en 1925 (Le pays auparavant avait été gouverné depuis mille ans par les Turcs azerbaïdjanais) les langues non persanes (turkmène, arabe, kurde, beloutche, lori etc.) ont été officiellement interdites dans tous les domaines, administratif, éducatif, juridique, et de relations internationales.
Comme personne ne l’ignore, ce fut lors de la première «Révolution Constitutionnelle» de 1906 dirigée par les Azerbaïdjanais que le pays s’avança vers une organisation moderne: existence d’un Parlement, promulgation d’une Constitution, ouverture à la culture et à la littérature modernes.
Mais l’Azerbaïdjan était avant cette date un peuple résolument tourné vers la modernité: la première fois qu’une imprimerie s’ouvrit ce fut à Tabriz, au 19e siècle, ce qui entraîna une diffusion intellectuelle des livres et des pensées. Les premières écoles modernes s’ouvrirent (la toute première fut construite par Mirza Hassan Rüştiye). De plus, en 1945-46, l’Azerbaïdjan du Sud devint un Etat fédéral, qui ne survécut qu’un an, dans lequel pour la première fois après la Turquie dans le monde musulman, les femmes acquirent le droit de vote, et purent devenir éligibles à des fonctions politiques. La première Université moderne laïque fut construite à cette époque, les premiers théâtres dans le pays également (on y joua Shakespeare!) à Tabriz… furent entre autres manifestations un élan vers le monde contemporain.
Tabriz, étape incontournable de la Route de la Soie, fut le premier pont jeté entre l’Orient et l’Occident. (Les voyageurs français eux-mêmes appelaient Tabriz: « le Paris de l’Orient »).
Comme on le sait aussi, les véritables pionniers de la révolution de 1979 en Iran furent les Turcs d’Azerbaïdjan et les Perses disaient volontiers: « Jusqu’à maintenant, sans les Turcs, aucun changement ne serait envisageable en Iran ». Mais un aphorisme perse vit bientôt le jour dans la bouche d’un grand chef de l’organisation des Fedayiyins: « La langue officielle des prisons du Shah est la langue turque ».
Hélas, depuis plus de 80 ans, tous les Turcs d’Azerbaïdjan du Sud de toutes tendances politiques et religieuses sont contraints de combattre ensemble vers un but primordial : leur langue maternelle.
Voilà pourquoi ils furent les pionniers de la révolution de 1979 contre le régime du Shah.
Mais, malheureusement, après la Révolution, malgré l’existence de quelques mesures constitutionnelles qui permettaient à chaque région d’utiliser sa propre langue celles-ci n’ont jamais été appliquées. Le régime islamique a poursuivi la même politique que celle du Shah. En 1980-81 l’Azerbaïdjan du Sud révolté par toutes ces politiques d’apartheid, surtout contre le principe religieux du «Vilayat-i fakih», réclama la reconnaissance de ses droits naturels à parler et étudier dans sa langue maternelle.
Ce mouvement fut écrasé par les autorités perses (appuyés même par les soi-disant plus progressistes des non gouvernementaux comme le parti communiste Toudeh, les Moudjahidines et bien d’autres) qui défendirent le régime iranien perse, accusant les Azerbaïdjanais du Sud d’être des contre-révolutionnaires et des séparatistes.
Le mouvement national d’Azerbaïdjan du Sud, qui a commencé depuis 80 ans, s’est répandu, prenant une immense ampleur.
En 2006, les 22 et 23 Mai, un quotidien officiel d’Etat (qui s’appelait « Iran ») a stigmatisé les Turcs comme étant des « cafards ». Dans ce journal, un supplément destiné aux enfants présentait les Turcs comme des insectes sales et nuisibles, et un caricaturiste a même été récompensé tout récemment par l’organisation internationale des caricaturistes dont le siège est aux USA « pour son courage » en les insultant de la sorte; plus encore, ces dessins entraînaient les petits Iraniens perses à considérer les Turcs, non plus « comme des ânes » (comme jadis), mais comme des bestioles répugnantes à exterminer.
Contre ce journal d’Etat, d’immenses manifestations populaires se dressèrent en Azerbaïdjan du Sud mais encore aussi à Téhéran où vivent 5 millions de Turcs (selon les statistiques d’Etat).
Le 22 Mai, il ne s’agissait que de manifestations pacifiques, mais le 23 à Tabriz, Urmu et à Khıyav, le couvre-feu fut imposé et la police spéciale des « Gardiens de la Révolution » se lança à la poursuite des manifestants: leurs charges se soldèrent dans ces trois villes 8 morts, une dizaine de blessés et des centaines d’arrestations.
Depuis, l’Azerbaïdjan du Sud est devenu une véritable caserne, remplie de forces armées spéciales, les « pastaran » (Gardiens de la Révolution). Mais en souvenir de cet évènement, chaque année, le 22 Mai, les activistes, les intellectuels suivis par des foules de simples citoyens se réunissent pour commémorer cet évènement, et chaque mois d’Avril débute une vague de grandes arrestations pour faire échec à ces manifestations pacifiques.
Depuis 2006, chaque mois d’avril, afin d’empêcher ces commémorations dans tout le pays, des intellectuels, écrivains, activistes et aussi des personnes ordinaires sont arrêtés, surtout lorsqu’ils ont diffusé des bulletins ou des tracts rappelant les évènements en Azerbaïdjan du Sud.
QUELLE EST LA SITUATION DES PRISONNIERS AZERBAÏDJANAIS DU SUD AUJOURD’HUI ?
Nous avons tenté de vous informer. Monsieur Christian Deudon nous a demandé de parler au nom de tous les prisonniers.
Heureusement, une vingtaine d’entre eux ont été libérés en attente de leur procès, sous caution, mais une caution très lourde (et qui sera confisquée -avec d’autres biens- si la personne libérée est soupçonnée de continuer une activité politique).
De nombreux prisonniers sont encore incarcérés dans diverses prisons d’Azerbaïdjan du Sud et à Téhéran.
Par exemple, après que les chaînes officielles iraniennes perses aient diffusé pendant une heure fin juillet au cours d’un match de football des invectives et des insultes contre les Turcs, il y eut pire : lors des dernières manifestations qui éclatèrent le dimanche 1er Août à Tabriz, la police spéciale perse arrêta une dizaine de personnes -à notre connaissance- comme Daryoush İbadpour (Sönmez), dont nous avons traduit un poème.
Principaux écrivains, poètes et activistes connus arrêtés:
1) Ali Akhazade
2) Khulamriza Razmi
3) Ali Zamani
4) Nima Khanlı
5) Murtiza Süleymani
6) Akber Zamani
7) Muhammadtakhi Assadiyan
8) Ali Hakikatdjou
9) Muhammed Tadji
A l’heure actuelle, nous savons qu’il y a bien d’autres prisonniers incarcérés à Tabriz dans les locaux de la police spéciale.
PRISONNIERS DONT L’ETAT DE SANTE EST TRES PREOCCUPANT
1) Journaliste et poète Saïd Matinpour, lourdement asthmatique, condamné à 8 ans d’emprisonnement, incarcéré à Evine, célèbre prison près de Téhéran.
2) Akbar Azad, maître incontesté de la littérature et de la langue turque, qui souffre d’une grave maladie d’estomac avec hématurie, à Tabriz.
3) Ayet Mehralibeyli (Yürüş), dont la femme, Madame Zöhreh Faradjzade () a été arrêtée simplement parce qu’elle était allée rendre visite à son mari, depuis deux mois, alors qu’elle est mère d’un petit enfant de trois ans, Tatar (qui se retrouve sans père et sans mère). La sœur de Zöhreh, Hamide Faradjzade (Pınar) a été également arrêtée.
Et les personnes qui avaient pu visiter leur famille dans la même prison ont révélé par l’entremise des prisonniers qu’elles étaient venues voir que tous les trois y subissaient des tortures. (car elles pouvaient entendre leurs cris).
4) Younous Süleymani, jeune étudiant responsable d’un journal d’étudiants (Ildırım) de l’université de Hamadan, qui subit la torture, notamment par chocs électriques (si bien qu’il a été hospitalisé trois jours pour arrêt du cœur, -la famille ayant dû payer 2000 euros pour cette hospitalisation!-)
5) Dr. Latif Hassani, qui poursuit une grève de la faim dans sa prison depuis le 31 Juillet 2010.
Voici les informations confirmées que nous possédons aujourd’hui. (9 août)
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Quelques mots de Jeanne Gamonet, qui a lu ce rapport et désire vous en parler un peu.
Moi, Française, fille d’un Tsigane qui fut un grand résistant antinazi, membre (entre une quantité d’associations qui défendent les Tsiganes), du Pen Club et d’Amnesty International, ressens cette situation inhumaine, comme une énigme, car mon esprit ne parvient pas à réaliser quelle peut être la cause d’une telle barbarie, assortie d’un tel apartheid, assortis d’une telle inertie des défenseurs des Droits de l’Homme.
Même Madame Shirin İbadi, lauréate du Prix Nobel de la paix, ne s’est pas élevée contre tant de cruautés, tant d’acharnement alors qu’elle a (soi-disant) des ancêtres Azerbaïdjanais (elle est originaire de Hamadan).
Pourquoi tant de haine ? Y aurait-il un désir de vengeance des Perses contre les Azerbaïdjanais parce que ceux-ci ont jadis gouverné ce qui est aujourd’hui l’Iran ?
Je sais très bien ce qu’est la persécution d’une minorité, (alors que les prétendues minorités sont majoritaires en Iran), le culturocide que représente l’interdiction de sa langue maternelle : mes ancêtres gitans eurent les oreilles coupées par les soi-disant « rois Catholiques » quand ils parlaient la leur. Aujourd’hui, poursuivant des études acharnées des langues et civilisations orientales, j’admire l’Union Indienne sur laquelle nous pourrions prendre exemple, qui a inscrit dans sa constitution 24 langues dont récemment un idiome tribal.
Comment pouvons nous croire que nous vivons dans un univers civilisé, lorsqu’on torture une femme parce qu’elle s’est rendue dans la prison voir son mari ?
Comment ne pas mourir de honte lorsqu’on appartient à une espèce (je déteste le mot « race ») qui assassine des manifestants pacifistes ?
L’instinct de domination hystérique qui pousse des hommes à maltraiter, avilir, violer, frapper, tuer d’autres êtres humains parce qu’ils sont AUTRES, les rabaisse au rang d’animaux sauvages, bien que, me disait un jour un grand voyageur : « si tu passes à un mètre d’un lion qui n’est pas affamé, il ne te fera rien ».
L’écrivain, le poète, qui contemplent avec douleur et avec effroi ce monde de violence devraient être les transmetteurs non du progrès technique mais du progrès de l’âme.
Nous ne pouvons que combattre avec nos moyens non-violents et nos paroles désolées des comportements politiques qui mènent à la folie et à la déshumanisation.
Amis du Pen-Club, amis de tous pays, qui avez des yeux pour voir, sachez que les Azerbaïdjanais du Sud souffrent depuis longtemps non seulement dans leur corps, mais dans leur langue, la langue qui a toujours été la marque première de l’identité d’un peuple.
21 Ağustos 2010 Cumartesi
Le poète Mahboub Boudaqi a été condamné de nouveau à six mois de prison
La Guerre que mène le pouvoir iranien contre les intellectuels et les poètes d’Azerbaïdjan du Sud continue
Köln, le 21. 8. 2010
A MONSIEUR DEUDON
Cher Monsieur,
Art et pensée sont-ils devenus chaque jour aussi dangereux que l’information pour le régime totalitaire de Téhéran?
Selon les dernières informations que nous avons reçues, sept nouveaux Azerbaidjanais du sud ont été condamnés récemment à des peines de prison pour avoir écrit, non pas des appels à l’insurrection, mais des textes en faveur des Droits de l’Homme, de la paix, de la liberté, de l’amour.
Le poète Mahboub Boudaqi avait été emprisonné à Khoy pendant trois mois; libéré au prix d’une lourde caution, son procès a eu lieu il y a quatre jours à Tabriz, avec plusieurs activistes pour «propagande contre le régime perse islamique». Procès digne du Moyen Age: pas d’avocat, pas de public.
Mahboub Boudaqi a été condamné de nouveau à six mois cette fois-ci. Avec lui six activistes pacifiques ont été condamnés aux peines suivantes:
- Hassan Abdullahi Cihani (Ümütoğlu), professeur de langue et littérature turque à six mois de prison
- Faraz Zihtabi, étudiant à l’université de Tabriz à six mois
- Habib Avaride, activiste à un an
- Mouhammedriza Hachimi, à six mois
- Hüseyin Asiyabi, à six mois
- Le journaliste Hassan Redjebzade, à six ans de prison
Penser, écrire, sont aujourd’hui des délits? Le but poursuivi par le gouvernement iranien est-il de rabaisser le cerveau des Azerbaïdjanais du Sud au niveau de celui des moutons?
Nous, citoyens de tous pays, sommes profondément révoltés par cette entreprise de bâillonnement.
20 Ağustos 2010 Cuma
Qoşuqçu Məhbub Budaqı´yə Altı Ay Tutsaq Kəsildi!
Qoşuqçu Məhbub Budaqı´yə Altı Ay Tutsaq Kəsildi!
Aldığımız bilgilərə görə May (Xurda) ayında tutuqlanmış, üç ay tutuqlu qaldıqdan sonra bəlgə üzərə geçici olaraq özgürlüyə buraxılmış qoşuqçu Məhbub Budaqı üçün Təbriz məhkəməsinin birinci bölməsincə altı ay tutsaq kəsilmişdir.
Ayrıca Güney Azərbaycan ulusal çalışmanlarından:
1. Həsən Əbdullahi Cahani (Ümüdoğlu) Türk Dili ilə Ədəbiyatı Öyrətməni üçün: Altı ay
2. Fəraz Zehtab, Təbriz Bilimyurdu Öyrəncisi: Altı ay
3. Həbib Avəridə: Bir il
4. Muhəmmədriza Haşimi: Altı ay
5. Hüseyn Asiyabi: Altı ay
6. Həsən Rəcəbzadə: Altı il tutsaq kəsildi.
12 Ağustos 2010 Perşembe
Əkbər Azad bəyin iki yazısı bir önsöz ilə "La Lettre de P.E.N. Club Français"in son sayısında yayımlandı!
Əkbər Azad bəyin Fransızcaya çevirilmiş "Anasözü I, Atasözü II" adlı yazısı bir önsöz ilə "La Lettre de P.E.N. Club Français"in son sayısında yayımlandı!
Önsözdə Əkbər bəyin yaşamöyküsü (biyografi)ndən qısa bir bilgi verilmişdir. Onun anlatım özgürlüyü ilə insan haqları uğrunda yorulmazcasına çalışdığı nədəniylə bir neçə kez dustağa alındığı yazılmışdır. Önsözün sonunda Azad bəyin yalnızca Güney Azərbaycanlıların deyil də, "İran"da yaşayan, tüm "Azınlıq"ların haqlarını savınan gərçək bir yazar olduğu vurğulanmışdır.
Ayrıca ilk kez olaraq bir Güney Azərbaycanlının yazısı Fransa PEN Club´un dərgisində yayımlanması doğrudan da dil ilə yazınımız üçün böyük bir başarı sayılabilər.
TRADUCTION DE TROIS POEMES ECRITS PAR DES POETES EMPRISONNES D’AZERBAÏDJAN DU SUD
DARYOUSH İBADPOUR (SÖNMEZ)
HUITIEME DRAPEAU VERT
(SEKKİZİNCİ YAŞIL BAYRAQ)
En prononçant ton nom
Je pleure à longs sanglots
Comme les nuages
Sur ta vie en exil
Mais je lève mes mains vers la Nature
Je ferai la prière de la reconnaissance
Je confierai le désir de te revoir à la Terre
Que les étoiles chantent
Que les nuits se réveillent
Que les fleurs éclosent
Pour apporter à notre peuple la joie des bonnes nouvelles…:
L’amour est revenu !
C’est toi qui es le huitième drapeau vert
Qui me montre même le chemin perdu de Dieu
.............................
Dr. ALIRİZA ABDULLAHİ
LES EXPOSITIONS DES DIEUX
(TANRILAR SERGİSİ)
Ici, c’est l’Azerbaïdjan du Sud
La capitale s’appelle Tabriz
Les arrestations continuent…
On arrête les Dieux
Les prisons deviennent des expositions des Dieux
« les expositions des Dieux »
Chaque jour un Dieu
En un jour plusieurs Dieux
Les prisons se réjouissent
Les prisons ressentent une honte
Les prisons s’étonnent
Et les prisonniers sont les Dieux habitués des prisons
Les prisonniers se prosternent devant les Dieux
Les prisons s’étonnent…
Car ceux qu’elles attendent sont toujours des coupables
En voyant les Dieux elles sont stupéfaites
Dégoûtées par elles-mêmes
L’espace est trop étroit pour les Dieux
Comment les confiner dans un tel espace ?
« Nous, nous sommes les Dieux sur la Terre
Ni la défaite, ni le tremblement ne sont nôtres »
En disant cela
Ils sont allés nous offrir des preuves
Et aujourd’hui nous restons dans la file d’attente
Pour devenir nous-mêmes des Dieux
Nous sommes restés dans cette file
Avec les Dieux on égrène les moments passés
En évoquant les chemins des Dieux:
Tout en se raillant des croyances des Dieux.
...........................
RAMİN CABBARLI
PREMIERE FOIS
(İLK KEZ)
La pluie embrassait la Terre
Pour la première fois
Quand pour la première fois
Je me suis perdu dans tes lèvres, à ce moment là
J’ai respiré profondément
Pour que tu deviennes mienne
Etait-ce la Terre qui nous donnait son parfum
Ou bien étaient-ce nous qui donnions notre parfum à la Terre ?
Maintenant la pluie commence à faire l’amour avec la Terre
Toi, tu es au loin: Trop loin
Moi, dans un questionnement sans réponse
Je t’aimais autant que la Terre,
Ou bien était-ce la Terre que j’aimais autant que toi ?
Voici quelques lignes écrites par cinq* poètes d’Azerbaïdjan du Sud actuellement en prison,
AKBAR AZAD
ADAGES I
(Anasözü)
Ma mère disait
Un :
« Il y a des poètes qui n’écrivent jamais, mais ils vivent...
Il y a des poètes qui écrivent beaucoup, beaucoup trop, ils ne vivent jamais… »
Deux :
« Le poète qui connaît la rue, il ne perd pas la ville au carrefour »
Trois :
« Ecrire debout sur ses pieds (par exemple dans une cellule), marcher et ressentir les pieds comme ils sont : ça aussi c’est une sorte de poésie »
Quatre :
« De rien au vide. De l’être au néant. De toi à moi : nous ne sommes pas de la même substance, parce que nos rêves ne sont pas semblables »
Cinq :
« Les boutons battent dans le cœur. On peut vivre aussi sans chemise, mon fils ! »
Six :
« A quoi servent les gants, ô, belle! si les mains sont belles... »
Sept :
« Qu’est-ce qui est aussi simple que la vie. Si on pouvait vivre tout simplement »
Huit :
«Les mères pourraient vivre sans heure : si le Soleil les aidait »
Neuf :
« Si on ne pensait pas à penser, on vivrait »
Dix :
«Si tu te déshabillais de tes pensées, tu m’aimerais »
Onze :
« Dans l’Unité, le futur de la beauté se fane sans faire éclore aucun bourgeon »
ADAGES II
(Atasözü)
Mon père disait :
Question :
« Pourquoi personne ne pense à la lourde fatigue que ressent le chemin, pourquoi ? »
Zéro :
« Quand les Indiens pétrissaient la pâte du Zéro, à quoi pensaient-ils ? Pourquoi pensaient-ils ? »
Miroir :
« Si je pouvais compter les fatigues des rides de mon visage, ah !... »
Bonheur :
« Si la voix du pont fait sursauter les petits poissons, elle caresse ce que j’ignore en un lieu que je n’aperçois pas »
Rêve :
« Ma racine : c’est une silhouette sans ombre. Mon ombre est le nid des silhouettes. Je suis une mer sens dessus dessous : sans souvenir, sans rêve »
Lointain :
« Bleu, tout bleu, cette eau pure, même si elle ne le veut pas : dans l’horizon lointain -oui, l’horizon lointain-, un jour sans qu’on sache lequel, s’évanouira »
Mort :
« Moi, même si le sursaut de la mort survient, je peux aller à sa rencontre -oui, vers elle, - j’ai tout appris de cette eau si bleue et si pure »
Moi et l’autre :
Il ignore mon passé, mon présent. Il ignorera mon futur aussi.
Moi, il ne peut pas m’ignorer . -Regardez !- Moi j’existe, je suis devenu et je serai. »
...............................
SAİD MATİMPOUR
« QUI NOUS INDIQUERA LA ROUTE QUI MÈNE AU PASSAGE ?»
(Keçid yolunu kimmi gösterecek ?)
Quelqu’un qui a une main qui est un arbre
Quelqu’un qui a une main de fer
Quelqu’un qui a un cœur d’or
Quelqu’un qui a un cœur d’argent
Quelqu’un qui a un cœur fait d’eau
Si je pouvais me transformer en arbre,
Tu t’en vas, et tu t’accroches au fer,
Tu regardes : l’or t’éblouit
Tu le prends, et l’argent se courbe dans ta main,
Tu rentres dans l’eau et elle te noie.
Qui nous indiquera la route qui mène au passage ?
................................
İBRAHİM RACHİDİ (SAVALAN)
A l’occasion du 8 Mars (Journée de la femme)
LES YEUX DE MA SŒUR
(Bacımın Gözleri)
Ils n’ont jamais vu la profondeur des choses,
Les yeux de ma sœur.
Ils se sont contrariés même à l’égard de ses proches
Les yeux de ma sœur.
A demi effrayés, à demi offensés,
Les yeux de ma sœur
Ils avaient appris à attendre un futur éternel,
Les yeux de ma sœur.
Celle qui n’a jamais exprimé ses désirs,
Car elle n’a pas appris à s’exprimer,
C’était ma langue maternelle.
Elle n’a rien demandé à son mari,
Elle aurait désiré qu’il la comprenne,
Sa langue maternelle
Elle n’a même pas demandé à être comprise
Car elle n’a rien demandé
Ma langue maternelle
Qui sait ?
Peut-être avait-elle tout vu profondément
Peut-être n’avaient ils rien vu
Les yeux de ma sœur.
........................................
İBRAHİM RACHİDİ (SAVALAN)
SI JE ME FAISAIS ARRÊTER DE NOUVEAU
(Bir daha tutuqlansam)
Si la rose éclot encore
L’été n’est pas fini
Je planterais un arbre à cinq branches
Pour ma petite sœur :
- « Chaque jour les arrose »
Lui dirais-je.
Dans le tableau de nos champs
Je planterais une étoile, la Lune
Parce que nos trèfles
Poussent à la lumière de la Lune.
Si je me faisais arrêter de nouveau,
La lune qui est dans le tableau
Sera arrêtée aussi.
J’écrirais une lettre pour ma petite sœur,
Et j’écrirais :
- « Frappe le grand plat de cuivre,
Que les djinns s’enfuient
Alors la Lune réapparaît »
.......................
MAHMUD FAZLI (BARIŞ)
CEUX QUI S’INVITENT PAR LA FORCE
(Zorakı qonaqlar)
(Dédié à ma bien-aimée qui garde la tête haute)
Hier soir, il était minuit,
Ils ont envahi nos maisons
Ils étaient cinq hommes.
Ils ont tout saccagé
Ces invités indésirables.
Oh, mes pauvres livres !
Ces faibles mains ne sont pas dignes de vous…
Oh ma bien aimée !
C’est toi, celui qui ne baisse pas la tête, jamais !
Mais à présent,
Je t’aime autrement
Comme si le jour ne refleurira plus
Après cette nuit
Ils sont repartis.
Mais alors ils étaient six…
En bas, devant une femme qui gardait la tête haute
Pleine de courage.
Ils sont passés, mais retentissait un cri
Un cri d’enfant en pleurs
Mais, (hélas…) ce cri n’était pas assez fort
Pour briser le silence de la nuit
........................
RAMIN CABBARLl
VOILA CE QUE JE HAIS…
(Niferet etdiyim…)
Le Dieu que je hais
C’est le dieu de la pluie
Quand les ruelles se colorent de sang
Il envoie la pluie blanche
Pour effacer toutes les traces des crimes
C’est comme ça, mon ami !
Le Dieu que je hais
C’est le dieu de la pluie
Quand on parle de la rue colorée de sang
Avec sa pluie blanche
Il répand un mensonge blanc* sur le visage du monde
* « mensonge blanc » en langue turque azerbaïdjanaise « aq yalan »signifie « grand mensonge »
(Textes traduits du turc azerbaïdjanais par Jeanne Gamonet et Süleymanoğlu)
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